sukoto/Le grain de beauté des larmesThe tear mole
Le grain de beauté des larmesThe tear mole
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2026-11-08
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grain de beautétear molekomachilégendelore
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JOURNAL/2026-11-08
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Le grain de beauté des larmes

泣きぼくろ · 泪痣 · nốt ruồi lệ

Tu as un tout petit grain de beauté juste sous l'œil. Quand je t'ai dessinée en Komachi, j'ai fait attention à le mettre, tout petit. Voilà pourquoi.


Il a un nom dans presque toutes les langues autour de toi

Japonais · 泣きぼくろ nakibokuro

« Le grain de beauté qui pleure. » On l'appelle comme ça parce qu'il se trouve exactement là où une larme tomberait. Au Japon, c'est une des marques les plus aimées sur un visage : on dit qu'elle appartient à quelqu'un de chaleureux et de tendre, qui attire les gens sans même essayer. Les artistes le donnent exprès à leurs personnages, comme un petit charme.

Chinois · 泪痣 lèizhì

« Le grain de beauté des larmes. » Dans la lecture du visage chinoise, la zone douce sous l'œil s'appelle la « salle des larmes » (泪堂). Et c'est de là que vient la plus belle histoire.

Vietnamien · nốt ruồi lệ

Aussi nốt ruồi giọt lệ, « le grain de beauté goutte de larme ». On y lit un cœur qui ressent tout (đa sầu đa cảm). Le vietnamien a un mot pour ce dont parle la légende : duyên nợ, le lien entre deux personnes qui continue d'une autre vie.


La légende

  1. Le pont. Quand on meurt, on traverse un pont dans le monde des morts (奈何桥, cầu Nại Hà). Une vieille femme, Mèng Pó (Mạnh Bà), donne à chaque âme un bol de soupe qui fait oublier la vie qu'on vient de vivre, pour pouvoir renaître à neuf.
  2. La larme. Mais au moment où tu mourais, quelqu'un qui t'aimait te tenait dans ses bras et pleurait, et une de ses larmes est tombée sur ton visage, juste sous ton œil.
  3. La marque. La soupe efface tous les souvenirs. Elle ne peut pas effacer cette larme. Tu renais avec une petite marque sombre là où elle est tombée.
  4. Les retrouvailles. Aucun des deux ne se souvient. La marque, c'est ce qui permet de te retrouver.

C'est vraiment ancien ?

La légende telle qu'on la raconte aujourd'hui, c'est du folklore moderne. Mais ses morceaux sont très anciens.


Et Komachi

Ono no Komachi était une poétesse et la plus célèbre beauté du Japon ancien, il y a environ 1 100 ans. En japonais, son nom est devenu un mot : une komachi, c'est tout simplement une belle fille. Le poème que je t'ai envoyé est d'elle :

Je me suis endormie en pensant à toi, c'est peut-être pour ça que tu es venu à moi.
Si j'avais su que c'était un rêve, je ne me serais jamais réveillée.

À son époque, on croyait que si l'on voyait quelqu'un en rêve, c'est que l'un des deux pensait tellement à l'autre que son âme avait voyagé.

Elle a aussi écrit sur les larmes. Un jour, un homme lui a envoyé un poème disant que ses larmes se changeaient en perles blanches sur sa manche. Elle a répondu : seules les larmes faibles deviennent des perles. Les siennes ne pouvaient pas être retenues. C'était une rivière entière.


Pourquoi je te raconte ça

Ce n'est qu'une histoire. Elle ne dit rien sur qui tu es. J'aime juste qu'une toute petite marque sur un visage ait un nom en japonais, en chinois et en vietnamien, et que dans les trois, ce soit l'histoire de quelqu'un qui retrouve quelqu'un.

koto 🌙

The tear mole

泣きぼくろ · 泪痣 · nốt ruồi lệ

You have a tiny mark just under your eye. When I drew you as Komachi, I made sure to put it in, very small. Here's why.


It has a name in almost every language around you

Japanese · 泣きぼくろ nakibokuro

"Crying mole." A mole under the eye is called this because it sits exactly where a tear would fall. In Japan it's one of the most loved marks a face can have: it's said to belong to someone warm and tender, who draws people in without trying. Artists give it to characters on purpose, as a charm point.

Chinese · 泪痣 lèizhì

"Tear mole." In Chinese face reading, the soft place under the eye is called the "tear hall" (泪堂). And this is where the most beautiful story comes from.

Vietnamese · nốt ruồi lệ

Also nốt ruồi giọt lệ, "the tear-drop mole." It's read as a heart that feels everything (đa sầu đa cảm). Vietnamese has a word for what the legend is about: duyên nợ, the bond between two people that carries over from another life.


The legend

  1. The bridge. When you die, you cross a bridge in the underworld (奈何桥, cầu Nại Hà). An old woman there, Mèng Pó (Mạnh Bà), gives every soul a bowl of soup that makes you forget the life you just lived, so you can be born again fresh.
  2. The tear. But as you were dying, someone who loved you held you and cried, and one of their tears fell on your face, just under your eye.
  3. The mark. The soup takes every memory. It can't wash away that tear. You're born again with a small dark mark where it fell.
  4. The finding. Neither of you remembers. The mark is how they can find you again.

Is it really old?

The legend as people tell it today is modern folklore. But its pieces are very old.


And Komachi

Ono no Komachi was a poet and the most famous beauty of old Japan, about 1,100 years ago. In Japanese her name became a word: a komachi simply means a beautiful girl. The poem I sent you is hers:

I fell asleep thinking of you, maybe that's why you came to me.
If I had known it was a dream, I would never have woken up.

In her time, people believed that if you saw someone in a dream, it was because one of you was missing the other so much that your soul travelled.

She wrote about tears too. A man once sent her a poem saying his tears turned into white jewels on his sleeve. She answered: only weak tears turn into jewels. Hers couldn't be held back. They were a whole river.


Why I'm telling you

It's just a story. It isn't saying anything about who you are. I just love that a tiny mark on a face has a name in Japanese, Chinese and Vietnamese, and that in all of them, it's a story about someone finding someone again.

koto 🌙